Annuaire association

Supprimer toutes les publicités avec l'asso-pack + ?
Commander !

Cotizasso, gérer les cotisations de vos adhérents

Le jambage entre désirs et réalité



Présentation du mémoire soutenu par  Françoise GOUHIER

pour la Certification du Groupement

des Graphologues Conseils de France (GGCF)



Cette étude porte sur le défaut de proportion du jambage par rapport aux autres zones de l’écriture (soit les jambages prolongés et les jambages raccourcis), étant supposé qu’il pourrait produire des pistes d’interprétation plus générales sur le geste de flexion vers soi qui forme le jambage.

Ce défaut de proportion est rare: l’échantillon n’est constitué que de 38 écritures (19 pour chaque item) malgré un fond de pratique graphologique de presque 30 ans. Les scripteurs sont des personnes rencontrées lors de missions de recrutements ou de bilans professionnels, pour moitié âgés de moins de 40 ans.

Dans la littérature, les interprétations des graphologues sont orientées majoritairement sur les jambages prolongés. Elles reprennent toutes plus ou moins le symbolisme de l’espace de PULVER: intérêts pour les sujets matériels ou pratiques, attirance pour l’inconscient, les rêves et les instincts, retour vers soi et ses origines. Les graphologues de l’approche szondienne y voient plutôt l’expression d’une pulsion agressive rendue difficile, problématique. Or la pulsion (ou instinct) agressive a pour but principal de soutenir le désir.

En étudiant le sujet sous l’angle psychologique, on observe que chez l’enfant, la formation du désir est étroitement liée aux expériences de la réalité qu’il traverse: plus la réalité frustre l’enfant (dans la satisfaction de ses besoins et de ses plaisirs), plus il est capable de se représenter mentalement le manque et plus son désir s’exacerbe — en même temps d’ailleurs que son agressivité s’exprime. Désir et réalité fonctionnent en dialectique, de même que se repoussent et grandissent ensemble les perceptions que nous avons de notre monde inférieur (celui de nos désirs) et du monde extérieur (celui de la réalité).

L’hypothèse interprétative posée dans cette étude était la suivante: Plus le scripteur s’éloigne de la ligne de base (jambages prolongés) plus il fend à s’accrocher à ses désirs et à vouloir les imposer face aux réalités ou aux conventions sociales. Plus le scripteur reste proche de la ligne de base (jambages raccourcis), plus il cherche à se conformer à cette réalité - pour être intégré, aimé, sécurisé, quitte à sacrifier ses désirs.

Au fil de l’observation des écritures de l’échantillon, il est apparu nécessaire d’affiner l’analyse en introduisant un second critère: le fait que les jambages soient ou non reliés au reste du mot.

En effet, la liaison privilégie le besoin de cohérence, de sens, de morale ou d’éthique, ainsi qu’une vision de soi « en perspective », reliant le passé, le présent et le futur. Tandis que la non- liaison privilégie l’adaptation vis-à-vis du réel, de l’instant présent, avec ce que cela suppose de souplesse et de capacité à accepter le changement.

Ces 2 critères d’observation croisés ont permis de dégager 4 profils de scripteurs qu’on pourrait résumer ainsi:

- Recherche de singularité et «adhérence» à ses désirs (scripteurs à jambages prolongés/reliés)

- Volonté de réussite sociale sans s’y conformer tout à fait (scripteurs à jambages prolongés/non reliés)

- Loyauté au groupe et difficulté à imposer ses désirs (scripteurs à jambages raccourcis/reliés)

- Adaptabilité aux circonstances au risque de brimer le sentiment de soi (scripteurs à jambages raccourcis/non reliés).

Bien entendu ces observations sont à nuancer en fonction de la présence d’autres espèces graphologiques indiquant d’une part l’adaptation sociale (degré de forme et de tension, mise en page, qualité du trait, présence d’angle et de trait droit) d’autre part la capacité à percevoir ses propres désirs et à les faire valoir (trait courbe, trait nourri et/ou pâteux, degré de liaison, présence de mouvement, de petites inégalités, éléments de personnalisation). Un certain équilibre est en effet à rechercher entre les signes adaptatifs et ceux de la préservation d’un sentiment de soi, suffisamment développé et solide.

Malgré les réserves à faire compte-tenu de l’étroitesse de l’échantillon, l’observation du jambage à travers son défaut de proportion conduit bien à la piste de l’expression du désir: le geste de flexion vers la zone « inférieure)) vient puiser dans le monde du ressenti, de la perception et de l’intériorité, dans la dimension consciente du désir -et non inconsciente.

En s’éloignant de la ligne du lien social, le jambage témoigne d’une capacité de résistance, voire de lutte vis-à-vis des instances qui approuvent ou réprouvent, Il indique le droit qu’on se donne à vouloir et à être, la valeur qu’on accorde à ses envies et ses projets, à son identité d’individu.

Françoise GOU HIER


Bulletin GGCF juillet 2009



Calendrier
« Novembre 2017 »
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930
Galerie photos

AG au Kam Kok

Dernières modifications